Littérature

Comme sur des roulettes

Par Laura Ferret-Rincon

 

 

Éditeur : Nats éditions
Couverture  : Fotolia

 

Date de parution : Mai 2019
Nombre de pages : 332
Prix éditeur : 16€
ISBN : 978-3-955858-228-6

 

Disponibilité Ebook : Oui

 

 

Entre une grande sœur qu’elle jalouse, un père qui se réfugie dans l’écriture et une mère qui n’affronte jamais les problèmes, Héloïse, 15 ans, étouffe.
Après une année de seconde difficile, entre rejet et premier amour, elle trouve une échappatoire dans le théâtre.
À l’occasion d’un échange scolaire avec un lycée de Finlande, Héloïse comprend que, pour évoluer, elle doit partir.
Il ne reste qu’un détail à régler : convaincre sa famille de la laisser voyager, alors qu’elle ne se déplace qu’en fauteuil roulant.

 

Fiche éditeur

 

 

Harcelée par une élève de sa classe, incomprise par ses professeurs, Héloïse, une jeune fille de quinze ans en fauteuil, peut heureusement compter sur l’aide et le soutien de Lucile, sa meilleure amie. La fin de l’année scolaire approche, et Héloïse se sent à la fois à la fois impatiente et inquiète : les vacances scolaires, tout comme l’année de première qui suivra, promettent leur lot de bouleversements.

Comme sur des roulettes est un récit contemporain qui aborde de nombreux sujets, parfois difficiles : les premiers émois amoureux, le fait de grandir, le harcèlement scolaire… Mais le thème majeur reste le handicap et tout ce qui s’y rattache : l’accessibilité, le regard des autres…

Ce roman est ce que l’on appelle un ownvoice, c’est-à-dire une histoire écrite par une personne concernée, qui va donner, grâce à son expérience, du volume aux thématiques abordées. On sent qu’il y a quelque chose de vraiment très personnel, de très intime, dans ce que vit et ce que ressent Héloïse vis-à-vis de son handicap. Cela donne au personnage un goût de vrai et la rend touchante. On se sent mal à l’aise avec elle quand elle glisse du fauteuil, on devient furieux quand elle est traitée avec injustice et mépris par ses propres camarades à la fête (je vous jure, j’en avais le cœur brisé pour elle).

Même si nous sommes dans une fiction, il y a une part de témoignage dans ce roman, et je trouve ça particulièrement important. Cela nous permet de nous mettre à la place d’Héloïse, de mieux comprendre ce qu’elle peut vivre, ressentir. Cela nous rappelle qu’entre les roues d’un fauteuil, il y a une personne avec sa sensibilité, ses rêves. Une piqure de rappel que j’ai personnellement trouvée utile pour moi qui compte parmi ma clientèle quelques personnes en fauteuil alors que je travaille dans un magasin qui n’est pas DU TOUT adapté. Ce roman m’aura fait beaucoup réfléchir et j’aimerais qu’il y en ait davantage dans le genre.

Sorti de la thématique du handicap, je dois quand même avouer que j’ai trouvé le récit assez superficiel, non pas au niveau du fond, mais dans sa forme. Le style d’écriture manque de profondeur, de description dans les scènes, qui permettrait de les rendre plus vivantes, dynamiques. Au tout début du récit, on découvre qu’Héloïse est une joueuse de League of Legende, un MMO qui lui permet de s’évader de son quotidien. Personnellement, je ne connais pas ce jeu, mais je suis familière des MMO. Et pourtant… j’ai été complètement larguée par leur discussion, j’avais beau comprendre le vocabulaire gameur, je n’arrivais pas à m’imprégner de la scène. J’avais le sentiment d’y assister de très loin sans rien comprendre, c’était hyper frustrant. Autre exemple : l’histoire se passe à Bordeaux, mais l’autrice ne prend pas le temps de nous décrire la ville. À un moment, Héloïse et Lucile se rendent au Miroir d’Eau et… c’est tout ce qu’on nous dit. Heureusement, je suis (enfin, j’ai été) Bordelaise, je visualise donc très bien. Mais quelqu’un qui ne connait pas ? C’est pourtant un lieu qui mérite sa description parce qu’il est emblématique, parce qu’il est empreint d’histoire et parce que c’est un endroit qui est tout simplement beau.

Au milieu de ces scènes trop peu décrites, et dont les dialogues sonnent parfois faux et forcé, j’ai malheureusement relevé également quelques incohérences qui auront échappé aux bêta-lectures comme aux corrections éditoriales. Par exemple, le père qui était parti chercher le fauteuil et qui sort soudain une réplique, ou encore la mère qui se lève deux fois pour partir à la cuisine après d’une dispute…

Heureusement, cette superficialité dans le style disparait au fur et à mesure que l’on approche de la fin. À partir du moment où Héloïse part en voyage, on commence à avoir un texte plus immersif, vivant et globalement mieux construit. Je me suis demandé si cette évolution pouvait être mise en parallèle avec l’évolution d’Héloïse, mais cela me paraitrait maladroit : Héloïse, même au début, n’est ni superficielle, ni naïve. Je ne vois donc pas l’intérêt qu’il y aurait eu à faire ça, et je penche plutôt pour le fait qu’il s’agit plus simplement d’une évolution dans la plume de l’autrice elle-même.

Enfin, dernier point qui m’aura à la fois fait sourire et tiquer : le coming out de l’un des personnages. Là encore nous avons des dialogues qui manquent de naturel. Mais au-delà de ça, je pense que ce n’est pas parce qu’on sort avec une fille que Pouf ! on passe immédiatement dans la catégorie lesbienne. D’une part, il y a plein de nuances entre hétéro et homosexualité, et d’autre part, pour avoir vécu ça à cet âge-là, croyez-moi, on se pose PLEIN de questions. Bref, j’ai trouvé ça trop facile, mais j’apprécie l’effort de diversité dans la représentation des personnages.

En résumé, Comme sur des roulettes fait partie des romans nécessaires qui nous poussent à l’empathie et à la réflexion. Malgré des maladresses et un style encore trop proche d’un premier jet de roman, c’est une histoire intime, qui nous replonge dans nos souvenirs d’adolescence. Un roman à lire et une autrice à suivre !

 

 

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