Gothique & Fantastique sombre

En la forêt de triste amertume

Par Céline Rosenheim

 

 

Éditeur : Éditions du Petit caveau
Couverture : Nicolas Jamonneau

 

Date de parution : Août 2020
Nombre de pages : 150
Prix éditeur : 13€90
ISBN : 978-2-37342-080-7

 

Disponibilité Ebook : Oui

 

 

Le roi de France a sombré dans la folie. Les princes du sang se déchirent pour s’emparer du pouvoir tandis que la reine tente d’oublier cette nuit où elle a failli mourir, étranglée par son époux. Le duc d’Orléans assiste impuissant à la montée des tensions entre la Champagne et la Bourgogne, alors même qu’une attaque de l’empire aléman semble imminente.

Dans l’ombre, la duchesse s’inquiète de son propre sort, comme de celui du royaume. Clémentia d’Orléans souffre de crises de langueur qui la vouent au silence de sa chambre tout le jour. Et pourtant, à la nuit tombée, un nouvel élan l’anime, celui du sang. La duchesse pourra-t-elle guérir de ce mal qui la fait tant souffrir ? Le chevalier Hermant lui en a fait promesse. Il ira quérir un remède dans les forêts d’Armor, là où la magie est plus vivace qu’ailleurs.

Fiche éditeur

 

Il y a des livres qui ne laissent pas indifférents. Des livres qui, quand on les referme, nous laissent une impression de choc, de vide.
En la forêt de triste amertume est de ceux-là.

Si par le passé vous avez eu l’occasion de lire un roman ou une nouvelle de Céline Rosenheim, vous savez déjà combien sa plume est maitrisée et combien son univers est chargé de mélancolie. Ici, vous ne serez pas dépaysé, puisque Céline mêle univers gothique et quête chevaleresque sur fond d’amour courtois.

Le récit prend place dans une France médiale uchronique où le Roi de France se nomme Jean VI de Valois. Dans une interview, l’autrice nous apprendra que ce personnage et son histoire sont inspirés de Charles VI.

Mais Jean n’est pas le véritable héros du roman, et si son histoire, ou plutôt celle de son épouse, la reine Isabelle, nous est contée en toile de fond, il semble que cela soit uniquement dans le but de placer le récit au sein d’un contexte historique, afin de mieux planter le décor et développer l’ambiance. Car le véritable personnage central ici est Clémentia, duchesse d’Orléans. Clémentia, victime d’un mal inconnu et qui souffre d’une insatiable soif de sang.

 

La première chose qui m’a interpellé dans ce roman, c’est l’absence de sexisme malgré un patriarcat bien présent. Alors oui, c’est vrai, les deux héroïnes principales, Clémentia et Isabelle, subissent le poids des devoirs que l’on attend d’elles – particulièrement Isabelle qui, « par devoir » est obligée de commettre un acte terrible – mais j’ai eu le sentiment que, pour une fois, elles existaient aux yeux des personnages masculins qui les entouraient. Non pas en tant que femmes, je veux dire, mais en tant que véritables êtres humains, dignes de respect et dont les avis méritent d’être écoutés, pris en considération.

C’est une idée sans doute étrange, mais cela m’a fait du bien, et a alimenté mes réflexions sur les clichés sexistes et la façon dont ils se manifestent dans les récits à la culture patriarcale.

 

Le second point qui m’a interpellé, c’est combien le mélange des genres, le gothique vampirique et le merveilleux arthurien, qui semblent totalement opposés, se marient bien ici. Céline Rosenheim a réussi cette prouesse avec brio et cela mérite d’être salué.

La fin m’a laissé une émotion indescriptible, entre trouble, révolte, tristesse et incompréhension. Je pense m’accorder un peu de temps pour digérer, puis en faire une seconde lecture, afin d’éclairer sous un jour nouveau certains éléments.

 

 

En résumé, En la forêt de triste amertume est une pépite qui ravira les amateurs de romans gothiques autant que les passionnés de mythes arthuriens. C’est un récit qui mérite vraiment d’être découvert, et Céline Rosenheim est définitivement une autrice à suivre.

 

 

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