Super-héros

Supergirl – Saison 4

Titre original Supergirl
Genre Super-héros
Création Greg Berlanti
Ali Adler
Acteurs principaux Melissa Benoist, Chyler Leigh, David Harewood, Katie McGrath
Et d’autres.
Musique Blake Neely
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Diff. originale
Durée 5 saisons (106 épisodes de 42 mn.)
Saison 6 en cours de production

Source : Wikipedia

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Ces dernières semaines, j’ai rattrapé mon retard sur la série Supergirl. Je n’avais visionné jusqu’alors que les deux premières saisons et, après une saison 3 en dents de scie qui ne m’a pas franchement passionnée, j’ai eu envie de m’arrêter sur cette quatrième saison afin de vous en parler. Parce qu’elle en vaut vraiment VRAIMENT VRAIMENT la peine. (Oui, au moins tout ça.)

Si vous ne connaissez pas la série Supergirl, sachez que celle-ci s’inscrit au sein d’un univers plus large, celui de DC Comics, qui compte d’autres séries comme The Flash ou Arrow. Chaque année, nous avons d’ailleurs droit à des épisodes crossover.

Je dois avouer ne pas être une férue de comics, et je connais très mal l’univers de DC. Superman a toutefois été le premier super-héros que j’ai eu l’occasion de découvrir, lorsque j’étais toute gamine et qu’M6 diffusait les épisodes de Loïs & Clark, Les nouvelles aventures de Superman. Je nourris depuis une fascination pour ce personnage et, toujours gamine, j’ai absolument tenu à regarder le film Supergirl un jour où il passait à la télévision.

De ce film, je n’ai conservé presque aucun souvenir, en dehors du fait que l’univers présenté ne correspondait pas à l’image que je m’en étais faite dans Loïs & Clark. Cela m’avait beaucoup déçue. Mais bon. Allez expliquer la notion d’adaptation des œuvres à une gamine de 8 ans…

Une série féministe, politiquement à gauche

Lorsque j’ai appris la production d’une série dédiée à Supergirl, c’est donc surtout la nostalgie de Loïs & Clark qui m’a poussé à regarder. Et aujourd’hui je ne regrette pas, mais alors vraiment pas !

Lors de mon premier visionnage de la saison 1, il y a trois ou quatre ans, la première chose qui m’a frappé, est le fait que de nombreux rôles importants – du côté des gentils, comme du côté des méchants – étaient portés par des femmes. On peut dire qu’à l’époque, c’était proprement inédit. Que les productions donnent des rôles importants à des femmes, c’était le minimum syndical, mais jamais aucune n’avait encore osé « inverser les proportions ». A l’époque, cela m’avait questionné, et j’ai trouvé ça très bien, car, à mon sens, cela mettait parfaitement en lumière le déséquilibre (qui n’est pas seulement une problématique propre aux productions de cinéma, mais un déséquilibre de société où les hommes trustent toutes les places importantes).

Pour autant, le personnage de Supergirl n’est pas une image-miroir. Ce n’est pas une « Superman en jupe » issue d’un univers où l’on reprendrait exactement les mêmes personnages et les mêmes problématiques pour les transposer au féminin. Cette question est d’ailleurs abordé dès les premiers épisodes et pose les bases pour la suite.

Mon nouveau visionnage ces dernières semaines me permet de constater qu’au fil des saisons, les messages féministes et sociétaux sont abordés de façon plus subtile, mais toujours intelligente. Supergirl est une série avant-gardiste, foncièrement optimiste, et qui sait questionner son époque.

[Saison 2] Le retour de Cat Grant : sans doute l'un des moment les plus magistraux de la série.

Voilà pourquoi je tenais absolument à vous parler de cette saison 4, qui se divise en deux parties.

Cette saison qui m’a retourné les entrailles

Dans la première partie, nous découvrons et apprenons à connaitre un nouveau personnage, Benjamin Lockwood. Américain ordinaire plutôt ouvert à l’arrivée des extraterrestres, nous le voyons se fermer peu à peu à ces derniers. Professeur de faculté, cultivé et intelligent, il tiendra des discours de plus en plus extrêmes, jusqu’à devenir l’Agent Liberty, chef de fil d’un mouvement anti-extraterrestres.

Bref, vous l’aurez compris, la grande thématique de cette saison est la montée de l’antisémitisme, d’un racisme violent qui rappelle aux Etats-Unis les heures sombres du Ku Klux Klan.

Mais cela va plus loin encore, car ce racisme prendra de nombreuses facettes et entrainera bien malgré eux certains héros de la série. Il est tellement sournois que même Kara avouera se sentir impuissante face à lui. Et c’est bien compréhensible car comment faire face à un ennemi intangible, qui trouve sa source dans la peur et la colère des gens ?

Cette thématique fait écho à des inquiétudes très personnelles vis à vis de l’antisémitisme « décomplexé » que j’ai le sentiment de voir de plus en plus depuis les premiers attentats de Charlie Hebdo.

J’ai trouvé qu’ici ce sujet était abordé avec beaucoup d’intelligence. Il y a des pistes très riches de réflexion, comme par exemple les motivations derrière les agissements de James ou encore de Lana. Chacun à leur manière saura montrer que « L’Enfer est pavé de bonnes intentions ».
Liberty lui-même est effrayant de crédibilité, car c’est quelqu’un qui a réfléchi ses positions, qui a des arguments pour les défendre. Les discours qu’il présente à l’université devant ses élèves, ou à la télé face à Kara sont des discours de bon sens, et c’est ça qui est le plus terrifiant, je crois, car ce sont des arguments difficiles à contrer, et surtout qui touchent ceux qui ont envie d’y croire.

Et puis vient la seconde partie de la saison.

Retour à l’action

Très chargée en action, cette seconde partie marque l’apparition d’un ennemi emblématique, souvent évoqué dans Supergirl mais qui n’était jusque-là encore jamais apparu.

Si j’ai trouvé que le récit intense et palpitant, j’ai toutefois regretté que le thème du racisme soit « effacé » au profit des plans de ce nouvel ennemi.

Spoiler
Les deux sont liés, certes, mais ce qui me gêne c’est que battre ce Super-vilain va résoudre le problème du racisme d’un claquement de doigt.
Du moins est-ce l’impression que cela donne, car on ne parlera plus du tout du racisme par la suite.

Du coup, même si j’ai beaucoup aimé cette seconde partie, j’ai eu un sentiment d’inachevé, de « laissé en plan ». Elle ne m’aura pas porté comme m’aura porté la première partie.

En résumé

Si vous ne vous êtes jamais intéressé à Supergirl mais que l’univers des supers-héros vous captive, je vous recommande vivement cette série. Elle est riche d’idées, aborde des questionnements sociétaux avec énormément d’intelligence, et, par-dessus tout, c’est une série très optimiste et porteuse d’espoir.

Et franchement, de l’espoir, en ces temps troublés, on en a bien besoin !

 

 

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