Gothique

The haunting of Bly Manor

 

 

Genre : Fantastique / Horreur

Création : Mike Flanagan
Production : Amblin Television, Paramount Television Studios

 

9 épisodes de 50mn.

Saison unique

Note : The haunting of Bly Manor est parfois considéré comme la saison 2 de The Haunting . Netflix la présente toutefois sur sa plateforme comme une série distincte.

 

 

 

Une jeune gouvernante américaine arrive dans un vaste manoir anglais pour s’occuper de deux orphelins. Malgré son enthousiasme, elle ne peut ignorer le malaise ambiant.

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Parfois présenté comme une saison 2 après The haunting of Hill House, The haunting of Bly Manor est une série distincte avec sa propre histoire et ses propres personnages. Il s’agit d’un one-shot, l’intrigue prenant fin avec la saison.

Si la narration de Hill House en a fait un véritable coup de cœur à mes yeux , celle de Bly Manor en fait, en revanche, une terrible déception. Mais s’il n’y avait encore que ça !

Reprenons depuis le début. The haunting of Bly Manor se veut être une « adaptation libre » du Tour d’écrou, une nouvelle gothique signée Henry James. Certaines critiques affirment que Mike Flanagan se serait également inspiré d’autres nouvelles d’Henry James, mais sans préciser lesquelles. Pour ma part, je n’ai lu que Le Tour d’écrou, il me sera donc impossible de parler d’éventuelles autres sources d’inspiration.

Dans tous les cas, il est clair que l’intrigue de Bly Manor ne se limite pas à celle du Tour d’écrou. En effet, à la fin du premier épisode, nous avons déjà parcouru deux bons tiers de la nouvelle. Alors, me suis-je demandé, que vont bien pouvoir raconter les huit épisodes restant ?

Et bien ils vont parler des personnages. Et c’est à ce niveau que j’ai trouvé la narration plutôt mauvaise.

Chaque épisode va plus ou moins se concentrer sur un personnage, et cela va créer un récit assez décousu, sans réelle cohésion. Cela est particulièrement frappant avec l’épisode 6. Le coin plaisant, qui se concentre sur Henry Wingrave, l’oncle des deux enfants. Etait-il vraiment utile de prendre un épisode entier à développer ainsi le background du personnage alors que celui-ci ne participe pas aux péripéties et est inutile dans le dénouement final ? Tout au plus, cela permet de mieux comprendre pourquoi il délaisse les enfants, mais bon, ce n’est pas, à mon sens quelque chose qui méritait un épisode complet sur les neuf que compte la série. (Remarquez, c’est un peu pareil pour l’épisode 5 consacré à Hannah Grose. Mais elle, au moins, participe aux évènements, et à son rôle à jouer dans le dénouement. Donc, ce n’est pas choquant. Son histoire personnelle sert le récit. Pas celle d’Henry Wingrave.)

Autre point que je déplore en ce qui concerne le scénario : il déborde d’idées qui ne sont pas ou qui sont mal exploitées. Par exemple, la maison de poupée. Celle-ci va être présentée comme un élément de tension, mais il n’y aura aucune « révélation » ou « explication » autour d’elle. Résultat, le questionnement autour des poupées qui l’habitent est oublié en cours de récit. Flop complet.

Enfin, dernier point qui m’aura froissé : la narration. Celle-ci se veut interne au récit, avec un personnage qui a participé aux évènements et les raconte à postériori. (Un peu comme dans Le Tour d’écrou, à la différence que dans la nouvelle de James, le récit est à la fois antérieur et rapporté, le narrateur n’a pas participé aux évènements.)

Bref. De par sa position, le narrateur n’a qu’un seul point de vue sur les évènements : le sien. Et éventuellement celui que les autres personnages lui auront donné pendant ou après les faits.

Or, le problème, c’est que ce narrateur va parfois apporter des éléments avec un point de vue omniscient. Qu’il connaisse et raconte l’histoire des sœurs, oui. D’ailleurs, il dit clairement que certains éléments dans le récit des soeurs relèvent de quelques libertés qu’il prend puisqu’il ne peut pas tout savoir à leur sujet. Le problème, c’est que dans l’épisode final, le narrateur s’aventure à expliquer ce que ressent le fantôme de Bly. Or, ça, il ne peut pas le savoir. Il ne devrait même pas pouvoir expliquer de façon aussi catégorique le lien entre le fantôme de Bly et les autres : pour un point de vue interne, cela ne peut relever que de la théorie, à moins d’avoir une preuve formelle que les choses sont ainsi.

 

En résumé

Vous l’aurez compris, la narration chaotique, le fourmillement d’idées pas ou mal exploitées, ainsi que le problème de focalisation font que The Haunting of Bly Manor aura été pour moi une grosse déception.

Mike Flanagan est parti d’une nouvelle gothique pour créer un OVNI : une série qui joue avec les codes de l’horreur sans être horrifique, autant qu’avec les codes de la romance, sans pour autant être romantique. Si vous cherchez du frisson et de la tension, passez votre chemin. Si vous aimez l’émotion et la tourmente, cela pourra peut-être vous intéresser, malgré les défauts.

 

 

 

 

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