Qu’est-ce qui rend un livre véritablement exceptionnel ?

Oui ce titre est volontairement racoleur. Si comme moi il vous arrive d’écrire, à vos heures perdues ou de manière professionnelle, vous avez sans doute déjà été hanté par cette question. (Moi c’était dans l’espoir secret de devenir l’écrivain de génie de demain, parce que – té ! – je ne fais pas les choses à moitié.) Alors petit rappel du GRAND secret :

Il n’existe AUCUNE formule magique pour créer un roman véritablement exceptionnel.

Bien sûr, il existe quelques règles universelles à mettre en application, comme une créer intrigue qui tient la route ou mettre en scène des personnages cohérents dans leurs actions autant que dans leurs émotions. Cela vous donnera « un bon » ou « un très bon » livre, mais rien qui ne soit véritablement exceptionnel.

Pour cela, il faut réussir à toucher le lecteur au cœur, le bouleverser, voir changer sa vision du monde. Ainsi je considère Harry Potter exceptionnel à deux niveau : parce qu’il a touché tout une génération qui se reconnait et s’identifie comme PotterHead, et parce qu’il m’a touché moi, personnellement, en faisant de ma vie ce qu’elle est aujourd’hui (sans HP, je ne me serais pas orientée vers l’édition, et je n’aurais jamais rencontré mon mari.)

En d’autres termes, un livre passe du statut de « bon livre » au statut de « livre exceptionnel » grâce au regard de son lecteur. C’est quelque chose de très intime qui peut ne toucher qu’une seule personne comme un lectorat tout entier, mais dans tous les cas, un auteur n’aura pas d’emprise là-dessus.

Tout ça pour en arriver au fait qu’aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de mes critères à moi, de ce qui fait qu’un roman, une histoire, ne va pas seulement être une « bonne histoire » à mes yeux, mais devenir un véritable coup de cœur, un récit qui me marquera pour longtemps.

1. Les promesses annoncées

Que ce soit par sa quatrième de couverture ou par ses premières pages, une histoire est toujours porteuse de promesses. En ce qui me concerne, je tiens à ce que les promesses annoncées soient tenues, que ce soit au niveau de l’intrigue, ou des personnages.

Dans la saga Les fiancés de l’hiver, par exemple, l’autrice m’a laissé entrevoir l’espoir d’une non-relation entre Thorn et Ophélie. Je me suis dis : « C’est hyper chouette, un truc que je n’ai encore jamais vu ! » et j’ai été vraiment très enthousiaste à cette idée. Et puis… patatra ! On tombe dans une romance convenue comme on en trouve dans n’importe quel roman. La déception !

Autre exemple avec les romans de Georgia Caldera (saga Les Larmes rouges et plus particulièrement encore Victorian Fantasy), qui m’ont, eux, véritablement révoltée. En effet, dans ces romans, l’autrice décrit des relations abusives et malsaines de façon extrêmement poignantes, réelles, crédibles. J’en avais l’estomac retourné, l’écriture prend aux tripes. Comment alors, imaginer que la romance puisse bien se terminer ? Pour moi, cela semblait simplement INCONCEVABLE, totalement impossible.

Et bim, happy end… Parce que vous comprenez l’amour est forcément plus fort que tout…

2. L’univers qui se dévoile petit à petit

Je suis une personne avec une petite mémoire, et qui a besoin de temps pour assimiler les éléments. Du coup, exit les histoires qui sont tout de suite très denses, avec beaucoup de personnages et des intrigues complexes qui partent en tous sens. J’aime la simplicité.

Je n’ai par exemple pas du tout accroché à Rainbow Warriors, alors que le thème abordé avait à priori tout pour me plaire. Mais l’intrigue est assez complexe (j’avoue ne pas être fan de politique…) il y a beaucoup de personnages auxquels je n’ai pas réussi à m’attacher.

Les premières pages de Rose éternelle – ma lecture actuelle depuis trois semaines… – tombe également dans ce problème de densité : l’autrice tient à poser les bases de son univers. C’est un gros morceau à avaler, et, s’il semble que cela aura son importance pour la suite, j’aurais préféré que des infos données au compte-goutte, lorsque qu’elles se révélaient nécessaires.

3. Les sujets qui me touchent personnellement

Troisième critère ; si un livre aborde des sujets qui me touchent personnellement et qu’il le fait bien (= selon mes valeurs ou selon un point de vue que je peux accepter), il a de grandes chances de devenir un coup de cœur.

C’est le cas notamment pour Peau d’homme, une bande dessinée qui aborde des thèmes comme le genre, l’homosexualité masculine ou encore le fanatisme religieux avec beaucoup de finesse et d’intelligence.

J’ai également adoré la saga Un palais d’épines et de roses, entre autres parce que cette série est porteuse de valeurs féministes que j’approuve totalement. L’autrice ose quand même évoquer la masturbation féminine et le cunnilingus, chose qui paraissait absolument inconcevable dans la littérature adolescente il y a quelques années !

4. La dimension émotionnelle

Enfin, voilà le plus important de tous mes critères : la dimension émotionnelle d’une œuvre. Pour qu’une bonne lecture puisse réellement se transformer en coup de cœur à mes yeux, il faut qu’elle me fasse véritablement ressentir quelque chose.

Pour cette raison, j’aime particulièrement les romans de Vincent Tassy qui en plus d’être poétiques sont riches en émotions torturées, en amour, en mélancolie. Qu’il s’agisse d’Apostasie ou de Comment le dire à la nuit, tout est parfait dans ses œuvres !

Un autre roman qui m’a véritablement transporté : Midnight City. J’ai pu m’identifier de façon très personnelle au personnage et ce, dès les premières pages. Je me suis reconnue dans ses passions, ses tourments, et grâce à ça, cette lecture m’a transportée.

Bonus : lire le bon livre au bon moment

Petit bonus : pour qu’une rencontre se fasse entre le livre et son lecteur, il est important qu’elle ait lieu au bon moment.

Parce que oui, il y a des moments où on est plus ouvert que d’autres aux histoires. On peut adorer un livre à une période de notre vie et vouloir le relire des années plus tard sans plus rien retrouver des émotions qu’il nous avait procuré. Où à l’inverse, on peut détester un livre et se rendre compte des années plus tard qu’il est bien, en fait – parce qu’on aura grandi, mûri, évolué.

Mon exemple personnel le plus récent est Mers mortes, un roman post-apocalyptique. Je l’ai commencé en février 2020, et me suis forcée tout le mois de mars pour le terminer. Avec les angoisses et les incertitudes du Covid, ça a été un pure calvaire. A cette période, j’avais clairement besoin de lectures légères, optimistes. Mais je l’avais commencé, et comme je suis maso, je tenais absolument à le terminer avant de passer à une autre lecture.

Est-il utile de préciser que j’ai, du coup, détesté ce livre ? Pourtant, objectivement, il n’est pas mauvais. Il est juste tombé au mauvais moment pour moi.

Voilà pour ce petit tour d’horizon personnel.

Et vous ? Y a-t-il des critères qui font qu’un livre va vous toucher au cœur ? Quels sont les titres qui vous ont véritablement marqué ?

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